Critique – Virée classique – PAN M 360

Critique – Virée classique – PAN M 360

Frédéric Cardin,  PAN M 360.

Des oiseaux ont fait leur nid à l’Espace culturel Georges-Émile Lapalme de la Place-des-Arts. C’est en effet sur cette thématique centrée autour du chant des oiseaux que la violoncelliste Noémie Raymond-Friset accompagnée par la pianiste Zhenn-Li Cohen on introduit la première partie de ce concert de tout au plus une heure préfigurant la Sonate pour violoncelle et piano de Rachmaninov. En ouverture, les deux musiciennes ont interprété Le Cygne de Saint-Saëns dans une énergie langoureuse énergique et aérienne. Avec des lignes mélodiques et une harmonie similaire, quoique plus dramatique elles ont enchaîné avec Le Cygne noir de Villa-Lobos avant de conclure la première partie de ce concert par Le chant des oiseaux de Pablo Casals, un arrangement d’une chanson folklorique catalane : un berceuse empreinte de nostalgie.Pièce de résistance de la performance, la Sonate de Rachmaninov, contemporaine de son célèbre concerto pour piano, a été composée, comme l’a présenté Noémie Raymond-Friset, suite à une dépression suivant l’accueil désastreux qu’avait reçu sa première symphonie. La tristesse, la colère, la joie, toutes ces émotions brutes ont été mises dans la partition par le compositeur et ont été traduite avec justesse par le duo de musiciennes par un touché rigoureux et souple au piano et les lignes expressives et énergiques au violoncelle. Il nous faut saluer la concentration de Noémie Raymond-Fiset dans un cadre de prestation moins formel que celui des salles de concert où l’aspect ouvert de la scène offre son de légère distraction avec les bruits environnants. Par moment le cadre rendait ardue l’appréciation du caractère de la pièce et nous avons senti que les interprètes ont dû s’ajuster à quelques reprises au niveau du volume. Ces détails mineurs mis de côté, la belle performance de Noémie Raymond-Friset et Zhenn-Li Cohen aura attiré le regard et les oreilles d’une centaine de passants.